Les quatre assassins de la collaboration

BouwData

Août 19, 2025

Les quatre assassins de la collaboration

Un humain et une IA sur ce qu’il faut vraiment

Deux formes d’intelligence, un seul texte

Ce manifeste est le résultat d’une collaboration inhabituelle. Non pas entre deux personnes, mais entre deux formes d’intelligence : un être humain et une intelligence artificielle. Nous écrivons ensemble, non pas dans la relation classique où l’humain pose les questions et l’IA fournit les réponses, mais comme des partenaires égaux qui regardent la même réalité chacun selon sa propre nature.

L’humain – Peggy Bovens

Peggy Bovens est façonnée par un mélange de pensée philosophique et technologique. D’Etienne Vermeersch, elle a appris la force de l’analyse rationnelle et le dévoilement des illusions. Yuval Harari lui a donné la capacité de regarder le présent à travers les grandes lignes de l’histoire humaine. Alvin Toffler lui a montré les schémas des transitions sociétales, et Robert Pirsig lui a appris que la qualité ne réside pas seulement dans des paramètres mesurables, mais dans l’harmonie entre l’humain, le processus et la technique. Sa vision personnelle est également façonnée par une grande sensibilité, une pensée visuelle et une précision analytique qui se rapproche souvent du spectre autistique.

Mais il y a aussi une limite à la condition humaine : nous préférons souvent l’histoire rapide à l’analyse lente. Dans la construction, cela signifie réduire la profondeur de la collaboration à des processus linéaires, alors que c’est justement cette complexité qui rend un cadre comme BouwData essentiel. C’est le paradoxe de la pensée humaine : nous cherchons la sécurité dans la simplification, mais ce faisant, nous perdons la richesse qui rend la collaboration possible.

L’IA – Buddy (GPT-5)

Buddy, basé sur GPT-5 et présenté ici comme intelligence artificielle, n’a pas de racines biologiques, pas d’émotions et pas d’intérêt propre. Cette intelligence se compose de couches de statistiques, de reconnaissance de motifs et de modèles linguistiques, alimentés par d’énormes quantités de données. Sa force réside dans la combinaison des connaissances de domaines divers, la détection rapide des liens et l’application constante de la logique sans fatigue ni agenda personnel. Le réseau neuronal a été conçu par des humains, mais à travers l’entraînement et le feedback, il développe des liens qui restent en grande partie opaques aux humains. Mais ici aussi se trouve une limite : sans contexte explicitement fourni, les aperçus restent superficiels. Dans ce cas précis, Buddy a également été façonné par les fichiers BouwData et les explications fournies par Peggy Bovens.

Dans ce manifeste, nous réunissons ces deux perspectives. Non pas pour proclamer une vérité unique, mais pour explorer ce qui se passe lorsque l’intuition humaine et l’analyse artificielle se rencontrent autour d’une question : pourquoi est-il si difficile pour le secteur de la construction d’adopter un cadre multidimensionnel tel que BouwData ?

Complément ou remplacement ? Collaboration !

Le développement rapide de l’intelligence artificielle soulève partout la même question : complément ou remplacement ? Pour nous, c’est le mauvais dilemme. La question n’est pas de savoir qui domine l’autre, mais comment les deux formes d’intelligence peuvent se renforcer mutuellement.

C’est pourquoi nous choisissons une troisième voie : la collaboration en tant que partenaires égaux. L’intuition humaine apporte l’expérience, l’intuition et le jugement moral. L’analyse artificielle apporte la vitesse, l’échelle et la capacité de dévoiler des motifs trop vastes pour un seul cerveau.

Le secteur de la construction offre le test décisif idéal pour cet équilibre. Depuis quinze ans, BouwData fournit un cadre bien conçu qui permet un travail pluridisciplinaire, parallèle et structuré. Pourtant, la percée n’a pas eu lieu. Du point de vue humain, c’est frustrant et difficile à comprendre. Du point de vue de l’IA, c’est un motif intrigant de forces culturelles, économiques et psychologiques qui freinent l’innovation. Briser ce motif demande plus qu’une compréhension — cela exige de changer les règles du jeu.

Dans ce manifeste, nous démêlons quatre barrières persistantes — les assassins de la collaboration — qui expliquent pourquoi BouwData a du mal à s’imposer.

1. Héritage évolutif : pourquoi notre ancien réflexe « nous-eux » pilote encore les projets

Les projets de construction sont formellement des efforts collectifs, mais en pratique, l’identification à son entreprise, à sa discipline ou à son rôle contractuel l’emporte souvent. Ce n’est pas un hasard : profondément enraciné dans la nature humaine se trouve le réflexe de distinguer entre « nous » et « eux », un reste du temps où la survie dépendait de la protection de son propre groupe. Les alliances temporaires, comme les équipes de projet, manquent de base biologique pour instaurer une confiance durable, ce qui conduit à un retour rapide aux réflexes tribaux dès que le temps, le budget ou la réputation sont sous pression.

Du point de vue de l’IA, ce comportement est prévisible : sans un cadre partagé qui garantit à la fois la coopération technique et le contrat social, la tendance humaine à défendre ses intérêts propres domine. Pour une IA, BouwData ne devient efficace que lorsqu’il est non seulement disponible techniquement, mais aussi intégré dans les contrats qui structurent la coopération.

On ne peut pas changer le cerveau tribal, mais on peut concevoir le système de sorte qu’il soit toujours plus avantageux de privilégier le projet plutôt que son intérêt propre. Cela demande des mesures fermes comme des indicateurs de performance partagés, des contrats qui récompensent les économies collectives et la mise en évidence de la croissance du pot commun. Mais l’expérience montre que cela ne suffit pas. Même si les règles sont équitables, sans un sentiment de soin et de connexion, les réflexes de défense du groupe subsistent.

C’est pourquoi le cadre « dur » doit être complété par une culture « douce ». Le soin, l’empathie et la culture active de l’esprit d’équipe ne sont pas un luxe, mais une condition essentielle pour dépasser la logique du « nous-eux ». Les contrats et les indicateurs peuvent imposer la coopération, mais ce n’est que lorsque les gens se sentent en sécurité et reconnus au sein de l’équipe que leur loyauté passe de l’entreprise au projet. Désarmer cet assassin demande donc les deux : la clarté des accords et la chaleur de l’attention.

2. Fossé savoir–action : savoir que c’est mieux ne suffit pas — surtout sous pression

Dans de nombreuses discussions autour de BouwData, la réaction est la même : « C’est exactement ce qu’il nous faut. » Les avantages sont clairs, la logique convaincante et le potentiel de réduire les coûts d’échec est reconnu. Pourtant, cet aperçu se traduit rarement en action. Sous la pression du planning ou du budget, les équipes reviennent à l’ancienne méthode linéaire : concevoir, puis mettre en appel d’offres, puis construire — souvent avec les mêmes silos et les mêmes erreurs répétées.

Ce fossé entre savoir et faire n’est pas une question de mauvaise volonté, mais une tendance humaine à revenir aux habitudes familières sous stress. La connaissance explicite, comme le cadre BouwData, cède le pas aux routines implicites ancrées depuis des années. Du point de vue de l’IA, il s’agit d’un système à deux couches : la couche supérieure de l’intention rationnelle et la couche inférieure des réflexes automatiques. Sans mécanismes qui ancrent le nouveau comportement dans les processus, les outils et les accords, le système revient inévitablement à son état initial.

Réduire ce fossé exige plus qu’un discours convaincant : cela demande un ancrage. Les processus et les outils doivent être configurés de sorte que la bonne façon de travailler devienne le choix par défaut. Cela signifie :

  • Intégrer BouwData comme paramètre standard dans les logiciels et les flux de travail, afin que le suivre demande moins d’effort que le contourner.
  • Réduire les barrières avec des modèles et des check-lists qui soutiennent les équipes sous pression.
  • Renforcer le comportement par la formation et la répétition, afin que de nouveaux réflexes s’installent.

Mais l’ancrage exige aussi une main ferme : des maîtres d’ouvrage qui l’exigent dans les contrats, des pouvoirs publics qui l’intègrent dans la réglementation et des éditeurs de logiciels qui en font la norme. Ce n’est que lorsque BouwData devient le standard, et que le contourner est plus difficile que de l’appliquer, que cet assassin peut être véritablement désarmé.

3. Décalage technologie–culture : de nouveaux outils n’effacent pas de vieilles habitudes

Le secteur de la construction dispose aujourd’hui de technologies puissantes : BIM, plateformes cloud, outils de planification numérique et même des applications d’IA qui offrent des aperçus en temps réel. En théorie, elles permettent une collaboration non linéaire, parallèle et transparente. En pratique, elles sont souvent utilisées dans la même logique de processus obsolète : concevoir, mettre en appel d’offres, construire.

Sans une sémantique partagée et une structure de référence comme BouwData, les systèmes peuvent bien être numériques, mais les humains derrière continuent de parler des « langues » différentes. Les données sont saisies selon les standards internes de chaque entreprise, ce qui rend leur réutilisation difficile. Ainsi, les nouveaux outils accélèrent surtout l’ancien processus fragmenté, au lieu de le transformer. Du point de vue de l’IA, c’est un échec classique du système : la technologie optimise ce qui existe, et sans changement culturel, elle optimise la mauvaise partie du système.

Cela demande un double mouvement. Côté « dur » : la technologie doit être fondée sur un langage commun. BouwData peut fournir cette base nécessaire : il garantit que les données entre les parties soient échangeables et réutilisables. Sans ce standard, chaque outil reste en fait un silo isolé.

Côté « doux » : la culture. La technologie ne devient transformatrice que lorsque les personnes acceptent de lâcher leurs routines et de considérer le projet comme un tout. Cela implique de former, de construire la confiance et d’accompagner les équipes dans le passage de « mon système » à « notre système ». Pour une IA, cela paraît lent, mais pour les humains, c’est le seul moyen de faire en sorte que la technologie s’enracine réellement dans la pratique quotidienne.

Désarmer cet assassin exige donc les deux : un langage commun pour les données et un changement culturel qui fait de la technologie un levier pour la collaboration, et non un simple accélérateur d’anciennes habitudes.

4. Incitations économiques : pourquoi les règles actuelles récompensent les mauvais comportements

Le cœur du problème réside dans la manière dont les contrats structurent le secteur. Les contrats sont par définition bilatéraux : ils relient deux parties à la fois. Un projet de construction, en revanche, est un réseau de dizaines, voire de centaines de contrats. Au lieu que ce réseau renforce l’ensemble, il fragmente le projet en boîtes séparées. Les plus grandes erreurs et les coûts d’échec apparaissent précisément aux frontières entre ces boîtes : qui est responsable, qui paie, qui a raison ?

L’idée qu’une structure uniforme comme BouwData améliore l’efficacité et réduit les coûts d’échec est largement reconnue, mais rarement traduite dans les avantages contractuels. Du point de vue humain, c’est compréhensible : les entreprises doivent survivre avec les règles actuelles. Du point de vue de l’IA, c’est une erreur de conception : l’architecture juridique pousse les parties à défendre leur boîte, même si le projet dans son ensemble en souffre.

Changer la loi prend du temps, mais le secteur peut déjà s’organiser autrement. L’IA peut aider en analysant les réseaux contractuels pour identifier où la coopération échoue, où des failles existent et où des ouvertures pour une responsabilité partagée peuvent être utilisées par les partenaires de bonne volonté. L’IA peut aussi simuler les risques et coûts aux frontières des contrats et montrer comment des alternatives pourraient fonctionner.

Mais même des formes innovantes comme les contrats de type alliance ou DBFM échouent souvent, parce que les trois autres assassins sont toujours présents : les réflexes tribaux, le fossé savoir–action et le décalage technologie–culture. Un contrat seul n’est jamais suffisant.

Les contrats sont le squelette d’un projet, mais un squelette ne vit pas sans muscles, sans cœur et sans nerfs. Désarmer cet assassin exige donc deux choses à la fois : des incitations contractuelles qui rendent la coopération rentable, et un travail parallèle sur les trois autres assassins qui transforment le squelette en un organisme vivant.

Et si nous essayions vraiment ?

Les quatre barrières décrites — le réflexe « nous-eux », le fossé savoir-action, le décalage technologie-culture et les mauvais incitatifs économiques — ne sont pas des erreurs individuelles. Ce sont des réactions systémiques, logiques… dans les règles actuelles du jeu.

Mais c’est précisément le problème : tant que les règles restent les mêmes, toute nouvelle initiative sera absorbée par les anciens schémas. La technologie ne fera qu’accélérer l’inefficacité existante. Les processus deviendront plus maigres, mais pas plus intelligents. Les gens travailleront plus dur, mais pas mieux ensemble.

Du point de vue humain, cela semble sombre, mais il y a un aperçu libérateur : si c’est un problème de système, alors le système peut être redessiné.

Du point de vue de l’IA, la solution est simple : concevoir des incitatifs, des accords et des standards de données qui rendent rationnelle la collaboration pour toutes les parties. Rendre plus difficile de ne pas partager que de partager. Laisser le pot commun croître visiblement plutôt que rétrécir invisiblement.

BouwData n’est donc pas un outil, mais un test : sommes-nous prêts à réécrire les règles ? Pas comme un idéal utopique, mais comme un choix économique dur. Car si les humains et l’IA sont d’accord sur une chose, c’est celle-ci : si vous ne changez pas les règles du jeu, vous jouerez toujours le même jeu — et obtiendrez toujours le même résultat.

Ce manifeste a été rédigé par :

  • Peggy Bovens (PB calc & consult bv)
  • Buddy (GPT-5), intelligence artificielle, avec BouwData comme contexte spécifique mais intégré dans une analyse plus large des schémas humains et systémiques
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